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Guide — achat immobilier en Espagne

Acheter un bien occupé en Espagne : locataire en place, occupant sans titre, squat

Mis à jour le 26 octobre 2026 · 8 min de lecture · Rédigé par les avocats de ABOGADOS-ESPANA, inscrits au barreau espagnol

Un logement vendu « libre à la signature » peut ne pas l'être. Bail en cours, occupant sans titre, occupation illégale : ce que vous achetez réellement et les délais pour récupérer le bien.

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L'essentiel en bref

En Espagne, l'achat ne met pas fin à l'occupation. Trois situations très différentes se cachent derrière le mot « occupé ». Un bail d'habitation en cours s'impose à l'acquéreur : le locataire reste, aux conditions de son contrat, et la loi lui accorde une durée minimale de maintien dans les lieux. Un occupant sans titre (ancien locataire resté après l'échéance, proche du vendeur, précariste) s'expulse par une procédure civile qui se compte en mois, pas en semaines. Une occupation illégale relève en plus du pénal, selon qu'il y a eu effraction d'un domicile ou occupation d'un bien vide. Dans tous les cas, la vérification se fait avant de verser des arrhes : une visite du logement occupé, une demande au registre foncier, un certificat de résidence (padrón) et, si nécessaire, la remise des clés conditionnée dans le contrat.

Trois situations qu'il ne faut pas confondre

La distinction n'est pas théorique : elle détermine si vous récupérerez le logement dans quelques mois, à l'échéance d'un bail de plusieurs années, ou au terme d'un contentieux. Un vendeur pressé de conclure décrit rarement la situation dans ces termes.

SituationCe que vous achetezVoie de sortie
Bail d'habitation en coursUn bien loué : le bail continue avec vous comme bailleurAttendre l'échéance légale ; aucune expulsion possible sans motif
Occupant sans titre (précariste)Un bien à récupérer en justiceAction civile en récupération de possession, plusieurs mois
Occupation illégale d'un logement videUn litige en cours, parfois pénalPlainte pénale (usurpación) et/ou action civile
Occupation d'un domicile habitéUne infraction plus graveIntervention plus rapide des forces de l'ordre sur constat de violation de domicile

Distinguer un locataire en place d'un occupant sans titre change complètement la stratégie à adopter : faire qualifier la situation d'occupation par Me Segarra, avocat au barreau d'Orihuela avant toute offre d'achat.

Pourquoi le prix « intéressant » d'un bien occupé n'en est pas un

  • La décote affichée est calculée sur le prix du bien libre, pas sur le coût réel de récupération : frais d'avocat et de procédure, mois sans usage ni loyer, charges et IBI qui continuent de courir.
  • Les charges de copropriété impayées pendant l'occupation suivent le logement : l'année en cours et les trois années précédentes peuvent vous être réclamées.
  • Les dégradations et les impayés de fournisseurs se découvrent à la restitution, pas avant.
  • Le financement est difficile : une banque prête rarement sur un bien dont la possession n'est pas garantie.
  • L'assurance peut exclure les dommages liés à une occupation sans titre.

Les vérifications à faire avant de verser le moindre euro

  • Visiter le logement à l'intérieur, en présence de l'occupant s'il y en a un : un refus de visite est en soi une réponse.
  • Demander la nota simple du registre foncier, qui révèle une éventuelle procédure inscrite, une saisie ou un droit de location inscrit.
  • Demander le certificat d'habitants (padrón) de la mairie : il indique qui est domicilié à l'adresse.
  • Exiger le contrat de bail complet s'il existe, avec ses annexes, la date d'échéance et le montant du dépôt de garantie versé.
  • Demander le certificat de dettes de la copropriété et les derniers procès-verbaux d'assemblée.
  • Faire relever les compteurs d'eau et d'électricité : une consommation active sur un bien « vide » est un signal.

Comment le contrat vous protège

Quand l'achat est décidé malgré l'occupation, la protection se construit dans le contrat d'arrhes. Trois mécanismes fonctionnent en pratique : conditionner la signature de l'acte à la libération effective du logement, constatée par procès-verbal ; consigner une partie du prix chez le notaire ou sur un compte bloqué jusqu'à la remise des clés ; ou obtenir du vendeur qu'il engage et mène la procédure de récupération à ses frais avant la vente.

Sans l'une de ces clauses, vous achetez le litige avec le bien. Et un contrat d'arrhes signé sur un modèle d'agence ne contient aucune de ces protections : elles s'écrivent, se négocient et se datent.

La protection contractuelle se construit avant la signature, pas après : faire verrouiller la clause de libération du logement par l'avocat immobilier du réseau conditionne l'acte notarié à la libération effective des lieux.

Questions fréquentes

L'achat met-il fin au bail du locataire en place ?

Non. L'acquéreur devient bailleur aux conditions du contrat existant, et la loi garantit au locataire une durée minimale de maintien dans les lieux. Le bail se lit avant l'offre, car il fixe votre revenu et votre date de disponibilité.

Combien de temps faut-il pour récupérer un logement occupé sans titre ?

Plusieurs mois en pratique, selon l'encombrement du tribunal compétent et la situation de l'occupant. Aucun professionnel sérieux ne peut garantir un délai : c'est précisément pourquoi le risque se traite avant la signature.

Peut-on changer la serrure ou couper l'eau soi-même ?

Non. Reprendre le bien par la force ou priver l'occupant des fournitures expose le propriétaire à des poursuites, y compris pénales, et ruine la procédure en cours. La récupération passe par le juge.

Les banques vendent des logements occupés : est-ce la même chose ?

Souvent oui, et le contrat le mentionne en petits caractères sous la formule « sans possession » ou « occupé ». Le prix reflète alors un risque que l'acheteur assume entièrement : il faut le chiffrer avant, pas après.

Que faut-il exiger le jour de la signature ?

La remise effective des clés, l'état du logement constaté par écrit, les relevés de compteurs et le certificat de dettes de la copropriété à jour. Une signature sans remise de clés doit être accompagnée d'une somme consignée.

Existe-t-il une procédure accélérée contre l'occupation illégale ?

Des mécanismes de traitement plus rapide existent pour certains cas d'occupation sans titre, notamment quand le propriétaire est une personne physique, mais leur application dépend du tribunal saisi et de la qualification retenue par le juge : aucun délai garanti ne peut être annoncé à l'avance.

Une assurance peut-elle couvrir le risque d'occupation ?

Certaines assurances habitation incluent une garantie contre l'occupation illégale, avec prise en charge des frais de procédure et parfois des loyers perdus. Elle se souscrit avant l'occupation, jamais après, et ses conditions varient fortement d'un contrat à l'autre.

Faites vérifier votre projet par un avocat francophone

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