ABOGADOS-ESPANARéseau d'avocats francophones en Espagne

Guide — achat immobilier en Espagne

Plus-value immobilière en Espagne : calcul, taux, frais déductibles et exonérations

Mis à jour le 26 octobre 2026 · 8 min de lecture · Rédigé par les avocats de ABOGADOS-ESPANA, inscrits au barreau espagnol

Vendre un bien espagnol déclenche l'impôt sur la plus-value (ganancia patrimonial). Base de calcul, taux de 19 %, frais déductibles, plusvalía municipale et exonérations possibles.

Partager cette pageWhatsAppFacebookLinkedInX E-mail

L'essentiel en bref

La plus-value imposable en Espagne est la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition, chacun corrigé des frais justifiés : impôt de transmission ou TVA payé à l'achat, notaire, registre foncier, honoraires d'avocat et d'agence, et travaux d'amélioration (les travaux d'entretien ne comptent pas). Pour un vendeur non-résident de l'Union européenne ou de l'EEE, le taux de l'impôt des non-résidents (IRNR) est de 19 %. L'acheteur retient 3 % du prix et le verse au fisc espagnol (modèle 211) ; le vendeur régularise ensuite par le modèle 210, à déposer dans les trois mois qui suivent le délai d'un mois dont dispose l'acheteur pour verser la retenue, et récupère l'excédent si la retenue dépasse l'impôt dû. S'y ajoute la plusvalía municipale, due par le vendeur à la mairie. Depuis 2015, aucun coefficient d'actualisation monétaire ne réduit plus la plus-value : c'est la justification des frais qui fait la différence.

Ce qui entre dans le calcul, et ce qui n'y entre pas

La plus-value ne se calcule pas sur l'écart brut entre deux prix. Le prix d'acquisition s'augmente de tout ce que vous avez payé pour devenir propriétaire et pour améliorer le bien, à condition d'avoir les justificatifs. Le prix de vente se diminue des frais que la vente vous coûte. Chaque euro justifié réduit l'impôt de 19 centimes.

La distinction décisive est celle entre amélioration et entretien. Créer une salle de bains, fermer une terrasse avec permis, installer une climatisation ou une piscine autorisée sont des améliorations. Repeindre, remplacer un chauffe-eau à l'identique ou refaire un joint sont des dépenses d'entretien : elles ne sont pas déductibles.

PosteDéductibleCondition
ITP ou TVA payé à l'achatOuiJustificatif de paiement
Notaire, registre foncier, gestionOuiFactures nominatives
Honoraires d'avocat à l'achat et à la venteOuiFacture avec TVA
Commission de l'agence à la venteOuiFacture au nom du vendeur
Travaux d'améliorationOuiFacture et, si requis, licence de travaux
Travaux d'entretien et réparationsNon—
Intérêts du prêtNon—
Plusvalía municipale payée à la venteOuiAvis de liquidation

Le taux, la retenue de 3 % et le remboursement

Le vendeur non-résident relève de l'impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR). Pour un résident de l'Union européenne, de l'Islande, de la Norvège ou du Liechtenstein, le taux applicable à la plus-value immobilière est de 19 %. Pour un résident hors UE et EEE, le taux applicable se vérifie au cas par cas : le taux général de l'IRNR est alors de 24 %, et la convention fiscale conclue avec son État de résidence s'applique.

L'acheteur a l'obligation de retenir 3 % du prix convenu et de le verser au Trésor espagnol par le modèle 211 dans le mois qui suit la signature. Cette retenue est un acompte, pas l'impôt : si votre plus-value réelle conduit à un impôt inférieur, la différence est remboursable ; si elle conduit à un impôt supérieur, le complément est dû.

La régularisation se fait par le modèle 210. Le délai officiel est de trois mois à compter de l'expiration du délai d'un mois qui court depuis la date de la transmission — soit quatre mois après l'acte en pratique. Un dossier déposé sans les justificatifs des frais aboutit à un impôt calculé sur la plus-value brute : c'est l'erreur la plus coûteuse, et elle est irréversible une fois les délais passés.

La retenue de 3 % appliquée au vendeur non-résident se régularise ensuite auprès de l'administration fiscale espagnole : consulter un avocat francophone en Espagne pour sécuriser la retenue de 3 % évite un remboursement mal engagé.

La plusvalía municipale, un second impôt souvent oublié

Indépendamment de l'IRNR, la mairie perçoit l'impôt sur l'augmentation de valeur des terrains urbains (IIVTNM, dit plusvalía municipale). Il est dû par le vendeur, se calcule sur la valeur cadastrale du terrain et la durée de détention, selon les coefficients votés par chaque commune — il n'existe donc pas de taux national.

Depuis la réforme du calcul, le contribuable peut choisir la méthode la plus favorable entre le calcul objectif et la plus-value réellement constatée, et aucun impôt n'est dû lorsqu'il n'y a pas de gain. Encore faut-il le démontrer avec les deux actes en main.

Les exonérations possibles

Chacune de ces exonérations suppose des conditions précises et des pièces à réunir avant la signature. Une exonération se prépare, elle ne se réclame pas après coup.

  • Réinvestissement en résidence principale : un résident de l'UE ou de l'EEE qui vend sa résidence habituelle en Espagne et réinvestit le produit dans une nouvelle résidence habituelle, en Espagne ou dans l'UE/EEE, peut être exonéré en proportion du montant réinvesti, dans les délais fixés par la loi espagnole.
  • Vendeur de plus de 65 ans : l'exonération de la plus-value sur la résidence habituelle bénéficie aux contribuables résidents fiscaux en Espagne ; elle ne s'applique pas à une simple résidence secondaire.
  • Absence de gain : si la vente se fait à perte après prise en compte des frais, aucun impôt n'est dû, et la retenue de 3 % est remboursable sur demande.

Chaque exonération suppose des conditions précises réunies avant la signature : faire préparer le dossier d'exonération par l'avocat immobilier du réseau reste la meilleure garantie de ne rien perdre au moment du calcul.

Et en France ?

Un résident fiscal français déclare la plus-value espagnole en France, où la convention franco-espagnole du 10 octobre 1995 évite la double imposition : l'impôt payé en Espagne est pris en compte selon le mécanisme prévu par la convention. Les prélèvements sociaux et les abattements français pour durée de détention suivent leurs propres règles.

Concrètement, deux déclarations coexistent, avec deux calendriers différents. Le chiffrage doit être fait avant de fixer le prix de vente, pas après l'acte.

Questions fréquentes

La retenue de 3 % est-elle l'impôt définitif sur la plus-value ?

Non. C'est un acompte prélevé par l'acheteur sur le prix. L'impôt réel se calcule sur la plus-value nette, au taux de 19 % pour un résident de l'UE ou de l'EEE, et se régularise par le modèle 210 dans les trois mois qui suivent le délai d'un mois ouvert à l'acheteur pour verser la retenue.

Puis-je déduire la cuisine et la salle de bains que j'ai refaites ?

Une salle de bains créée est une amélioration déductible ; le remplacement d'équipements existants à l'identique est de l'entretien, non déductible. Ce sont les factures nominatives et, le cas échéant, la licence de travaux qui font la preuve.

Combien de temps faut-il pour récupérer le trop-versé ?

L'administration espagnole dispose d'un délai légal pour examiner la demande de remboursement et peut demander des pièces complémentaires. Le délai pratique se compte en mois, et un dossier incomplet le rallonge fortement.

Qui paie la plusvalía municipale, l'acheteur ou le vendeur ?

Le vendeur, en droit. Certains contrats tentent de la faire supporter à l'acheteur non-résident : la clause se négocie avant le contrat d'arrhes, et son montant se demande à la mairie avant de signer.

Nous vendons à deux, faut-il deux déclarations ?

Quand le bien appartient à un couple marié dont les deux époux sont non-résidents, l'administration espagnole admet une déclaration unique pour la transmission. Hors mariage, en indivision ordinaire, chaque copropriétaire déclare sa part de plus-value au prorata de sa quote-part.

Faut-il un avocat pour une vente, si le notaire signe l'acte ?

Le notaire authentifie l'acte et ne calcule pas votre plus-value ni ne dépose vos déclarations. L'intérêt de l'avocat est là : chiffrer l'impôt avant de fixer le prix, réunir les justificatifs de frais, déposer le modèle 210 et demander le remboursement de la retenue.

Que se passe-t-il si l'acheteur ne retient pas les 3 % ?

L'acheteur reste responsable de la dette fiscale du vendeur à hauteur de la retenue non versée. C'est donc autant l'acheteur que le vendeur qui a intérêt à ce que le modèle 211 soit déposé correctement dans le mois suivant la signature.

Une société non-résidente vend un bien en Espagne : les règles sont-elles les mêmes ?

Le principe de la retenue de 3 % et de la régularisation par déclaration s'applique aussi aux sociétés non-résidentes, mais le taux et les obligations déclaratives diffèrent de ceux d'une personne physique et se vérifient au cas par cas selon le pays du siège.

Peut-on vendre à distance, depuis la France, sans se déplacer en Espagne ?

Oui, par une procuration notariée apostillée donnant pouvoir à l'avocat de signer l'acte de vente et de déposer les déclarations fiscales qui suivent, y compris la demande de remboursement de la retenue.

Faites vérifier votre projet par un avocat francophone

Les avocats du réseau auditent le bien, rédigent le contrat d'arrhes et vous représentent chez le notaire espagnol, en français, à Barcelone, Madrid, Valence, Alicante, Marbella et Séville.

Notre accompagnement associé

À lire ensuite

Un avocat francophone sur place