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Guide — achat immobilier en Espagne

Acheter en Espagne quand on est belge ou suisse : ce qui change

Mis à jour le 26 octobre 2026 · 9 min de lecture · Rédigé par les avocats de ABOGADOS-ESPANA, inscrits au barreau espagnol

Résidence, fiscalité des loyers, plus-value, succession et déclarations dans son pays : les différences réelles entre un acheteur français, belge et suisse, et les pièges propres à chaque situation.

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L'essentiel en bref

Un Belge résidant en Belgique est traité comme un résident de l'Union européenne : il déclare ses loyers espagnols au taux de 19 % après déduction des charges. Un résident suisse relève, lui, du régime des pays hors Union européenne et hors Espace économique européen : ses loyers espagnols sont imposés à 24 % du montant brut, sans aucune déduction, ce qui change fortement le rendement net. Pour le séjour et la résidence, les Belges comme les Suisses bénéficient de la libre circulation, et les démarches d'achat — NIE, contrat d'arrhes, acte notarié — sont identiques à celles d'un acheteur français.

Ce qui est identique pour tous les acheteurs francophones

  • L'obtention d'un NIE avant la signature, quelle que soit la nationalité.
  • Le déroulé de l'achat : vérification au registre foncier, contrat d'arrhes, acte notarié, inscription.
  • L'impôt d'acquisition régional : 6 % à Madrid, 7 % en Andalousie, 9 % en Communauté valencienne, 10 à 13 % en Catalogne pour un logement ancien.
  • Le revenu immobilier imputé à déclarer chaque année même sans louer.
  • La retenue de 3 % à la revente et la plusvalía municipale à la charge du vendeur.
  • Les règles de licence touristique, régionales et municipales.

Acheteur résidant en Belgique

Vous relevez du régime des résidents de l'Union européenne en Espagne : imposition des loyers à 19 % du revenu net, avec déduction de l'IBI, des charges de copropriété, des intérêts d'emprunt, de l'assurance, des réparations et de l'amortissement. C'est l'écart le plus important par rapport à un acheteur suisse ou britannique.

Côté belge, les revenus immobiliers étrangers doivent être déclarés dans votre déclaration à l'impôt des personnes physiques. La convention préventive de double imposition entre la Belgique et l'Espagne organise le traitement de ces revenus ; en pratique, la déclaration belge doit être faite même lorsque l'impôt a déjà été acquitté en Espagne. Les modalités exactes sont à vérifier avec votre conseil belge pour l'année concernée.

Pour la succession, l'immeuble espagnol relève des droits de succession de la région où il se trouve, et les règles belges de votre région de résidence s'appliquent par ailleurs à votre succession. Un testament coordonné entre les deux pays évite les contradictions.

Acheteur résidant en Suisse

La Suisse n'est ni membre de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen. Pour l'impôt espagnol des non-résidents, cela a deux conséquences concrètes : les loyers sont imposés à 24 % du montant brut, sans déduction des charges, et certains régimes réservés aux résidents de l'UE et de l'EEE ne s'appliquent pas.

Sur un appartement à fortes charges de copropriété et financé à crédit, l'écart entre 19 % net de charges et 24 % brut peut plus que doubler l'impôt annuel. C'est un paramètre à intégrer au choix du bien : charges modérées, financement en fonds propres et, éventuellement, arbitrage entre location longue durée et usage personnel.

En matière de séjour, les ressortissants suisses bénéficient de la libre circulation avec l'Union européenne et effectuent, pour un séjour durable, une démarche d'enregistrement comparable à celle des citoyens de l'UE. L'achat immobilier lui-même n'est soumis à aucune autorisation particulière.

Le taux de 24 % sans déduction pénalise nettement un propriétaire suisse : un avocat immobilier à Alicante peut évaluer précisément l'impact sur un projet locatif avant l'achat.

Comparatif fiscal du bien loué

Dans tous les cas, la déclaration se fait au moyen du modèle 210, devenu annuel depuis la réforme de 2024, et le revenu imputé reste dû pour les périodes non louées.

Résidence du propriétaireBase imposable des loyersTaux
FranceRevenu net après charges déductibles19 %
BelgiqueRevenu net après charges déductibles19 %
LuxembourgRevenu net après charges déductibles19 %
SuisseLoyer brut, sans déduction24 %
Royaume-UniLoyer brut, sans déduction24 %

Les pièges spécifiques aux acheteurs non français

  • Croire que le régime fiscal français décrit sur les forums s'applique tel quel : l'écart entre 19 % et 24 % dépend de la résidence, pas de la langue.
  • Négliger la déclaration dans son pays de résidence, en pensant que l'impôt espagnol suffit.
  • Signer un pouvoir notarié rédigé pour la France, non conforme aux exigences espagnoles de désignation précise des actes autorisés.
  • Oublier l'apostille de La Haye et la traduction assermentée des documents d'état civil et des pouvoirs.
  • Ne pas désigner de représentant fiscal en Espagne alors que la situation le rend utile, notamment pour recevoir les notifications.

Ce que change concrètement un accompagnement en français

Les actes, les notifications de l'administration fiscale et les procès-verbaux de copropriété sont en espagnol, parfois en catalan ou en valencien. Un dossier suivi en français par un avocat inscrit à un barreau espagnol évite les malentendus sur des documents qui vous engagent des années, et permet de poser la bonne question au bon moment : avant de verser l'acompte, pas après.

Un dossier suivi en français, du NIE jusqu'à la déclaration fiscale annuelle, reste accessible aux acquéreurs belges et suisses grâce à un avocat francophone installé à Madrid.

Questions fréquentes

Un Belge peut-il acheter librement en Espagne ?

Oui, sans autorisation particulière. Il lui faut un NIE, comme à tout acheteur étranger, et il relève du régime fiscal des non-résidents de l'Union européenne.

Un Suisse paie-t-il plus d'impôt sur ses loyers espagnols ?

Oui : 24 % du loyer brut sans déduction des charges, contre 19 % du revenu net pour un résident de l'Union européenne. C'est la principale différence à chiffrer avant d'acheter pour louer.

Faut-il déclarer le bien espagnol dans son pays ?

En règle générale oui, les revenus et parfois la détention doivent être déclarés dans le pays de résidence, la convention fiscale évitant la double imposition. Les modalités diffèrent entre la France, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse.

Les avocats du réseau suivent-ils les acheteurs belges et suisses ?

Oui. Les dossiers sont suivis en français et le devis, au forfait fixe pour un achat immobilier, est adressé par l'avocat à son nom, quel que soit votre pays de résidence.

La succession sera-t-elle réglée en Espagne ou dans mon pays ?

Le règlement européen désigne une seule loi successorale, celle de votre dernière résidence habituelle sauf choix exprès de la loi de votre nationalité. La fiscalité de l'immeuble reste, elle, espagnole et régionale.

Un Suisse obtient-il un NIE aussi facilement qu'un Français ?

Oui, la procédure est la même quelle que soit la nationalité, en personne au consulat ou en Espagne, ou par procuration donnée à l'avocat. La Suisse n'a pas de régime particulier pour cette démarche administrative.

Existe-t-il une convention fiscale entre la Suisse et l'Espagne ?

Oui, une convention de non-double imposition lie les deux pays et organise notamment le traitement des revenus immobiliers et des successions ; ses modalités précises pour votre situation sont à vérifier avec un conseil fiscal suisse, en complément du régime espagnol des non-résidents.

Faites vérifier votre projet par un avocat francophone

Les avocats du réseau auditent le bien, rédigent le contrat d'arrhes et vous représentent chez le notaire espagnol, en français, à Barcelone, Madrid, Valence, Alicante, Marbella et Séville.

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