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Prendre sa retraite en Espagne : où payer ses impôts, la santé et les démarches

Mis à jour le 26 octobre 2026 · 10 min de lecture · Rédigé par les avocats de ABOGADOS-ESPANA, inscrits au barreau espagnol

Soleil, coût de la vie, communauté francophone : beaucoup de retraités français s'installent sur la Costa Blanca ou la Costa del Sol. Avant de partir, trois questions décident de tout : où la pension est imposée, comment on est soigné et quelles démarches faire.

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L'essentiel en bref

Un retraité français qui devient résident fiscal en Espagne y déclare ses revenus mondiaux. Selon la convention fiscale franco-espagnole de 1995, les pensions du secteur privé (régime général, complémentaires Agirc-Arrco) sont imposables en Espagne, tandis que les pensions publiques d'anciens fonctionnaires restent imposables en France, sauf si le retraité a la nationalité espagnole. Pour la santé, le formulaire S1 délivré par la caisse française permet d'être pris en charge par le système de santé espagnol. Il faut aussi s'inscrire au registre des citoyens de l'Union au-delà de trois mois de séjour, obtenir le NIE et prévoir sa succession.

Où sera imposée votre pension ?

Les pensions imposables en Espagne entrent dans l'impôt sur le revenu espagnol (IRPF), dont une partie du barème est fixée par chaque région. Les pensions publiques imposées en France sont déclarées aussi en Espagne, qui accorde un mécanisme pour éviter la double imposition.

Il faut informer la caisse de retraite française du changement d'adresse et de résidence fiscale, pour que le prélèvement à la source français cesse sur les pensions imposables en Espagne.

Type de pensionPays qui imposeBase
Retraite du régime général et complémentaires (salariés du privé)EspagneConvention franco-espagnole, article 20
Pension d'ancien fonctionnaire de l'État, d'une collectivité ou d'un hôpital publicFrance (sauf nationalité espagnole)Convention franco-espagnole, article 19
Revenus d'un bien loué en FranceFrance, avec déclaration en EspagneConvention, article 6

Prélèvements sociaux et santé : le formulaire S1

Un retraité qui ne perçoit qu'une pension française demande à sa caisse d'assurance maladie le formulaire S1. Il le présente ensuite à la Sécurité sociale espagnole (INSS) pour obtenir sa carte de santé et être soigné comme un assuré espagnol, les frais étant remboursés par la France.

En contrepartie, la CSG et la CRDS ne sont plus dues sur la pension d'un non-résident fiscal français, mais une cotisation d'assurance maladie peut être prélevée sur la pension lorsque la France prend en charge les soins. Le taux applicable s'obtient auprès de la caisse de retraite.

Les démarches d'installation, dans l'ordre

  • Obtenir le NIE, indispensable pour acheter, louer, ouvrir un compte ou payer ses impôts.
  • Au-delà de trois mois de séjour, s'inscrire au registre central des étrangers comme citoyen de l'Union (formulaire EX-18) ; il faut en général justifier de ressources suffisantes et d'une couverture santé, le S1 remplissant ce rôle.
  • S'inscrire au padrón, le registre des habitants de la mairie.
  • Déclarer son départ à l'administration fiscale française et faire sa dernière déclaration de revenus en France.
  • Échanger ou garder son permis de conduire selon les règles en vigueur au moment de l'installation.

Installer sa résidence principale en Espagne change le régime fiscal : les impôts du résident et du non-résident ne répondent pas aux mêmes règles, ni aux mêmes déclarations.

Acheter ou louer sa maison de retraite en Espagne

Beaucoup de retraités louent d'abord un an avant d'acheter, pour connaître le quartier hors saison. En cas d'achat, les vérifications restent les mêmes que pour un investisseur : registre foncier, dettes, urbanisme, licence de première occupation. Une maison de plain-pied, proche des services de santé, se revend aussi plus facilement.

Devenu résident, le propriétaire ne paie plus l'impôt des non-résidents sur sa résidence principale ; il peut aussi bénéficier, sous conditions, d'une exonération de la plus-value en cas de revente de sa résidence habituelle après 65 ans.

Penser à la succession dès l'installation

Depuis le règlement européen sur les successions, applicable depuis le 17 août 2015, la loi de la dernière résidence habituelle s'applique à toute la succession, sauf choix exprès de la loi de sa nationalité dans un testament. Un retraité français installé en Espagne relève donc en principe de la loi espagnole, voire d'un droit civil régional. L'article sur le testament espagnol ou français explique comment choisir.

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Questions fréquentes

Ma retraite française sera-t-elle imposée en Espagne ?

Oui si elle vient du secteur privé (régime général, Agirc-Arrco) et que vous êtes résident fiscal espagnol. Une pension d'ancien fonctionnaire reste en principe imposable en France, sauf si vous avez la nationalité espagnole.

Comment être soigné en Espagne avec une retraite française ?

Demandez le formulaire S1 à votre caisse d'assurance maladie, puis présentez-le à la Sécurité sociale espagnole (INSS) pour obtenir votre carte de santé.

Dois-je encore payer la CSG en vivant en Espagne ?

Non sur la pension d'un non-résident fiscal français, mais une cotisation d'assurance maladie peut être prélevée si la France prend en charge vos soins via le S1.

Faut-il un titre de séjour pour un retraité français ?

Non, mais au-delà de trois mois il faut s'inscrire au registre des citoyens de l'Union et obtenir un certificat d'enregistrement, en justifiant de ressources et d'une couverture santé.

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